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Se préparer à la ruée des livraisons

Comment tirer le maximum de vos véhicules et conducteurs, affiner vos parcours et faire face aux hausses saisonnières du dernier kilomètre.

À chaque période des fêtes, les parcs de livraison du dernier kilomètre font face au même casse-tête : comment livrer plus de colis sans ajouter de véhicules, de conducteurs et de coûts.

La solution ne consiste pas simplement à acheter ou à louer des camions supplémentaires. La capacité d'un parc automobile est le résultat de plusieurs facteurs interconnectés, notamment la disponibilité des véhicules, l'entretien, la disponibilité des conducteurs, l'optimisation des itinéraires et la capacité à réagir lorsque les conditions changent en cours de journée.

Seth Hochhauser, CRO chez Autofleet, une filiale d'Element Fleet Management, indique que les gestionnaires de parc doivent analyser ces facteurs dans leur ensemble. « Ils sont tous liés les uns aux autres », explique M. Hochhauser.

« Avoir une excellente optimisation des routes, une planification efficace et des outils technologiques solides, c’est la seule formule gagnante pour honorer ses livraisons en période de fort achalandage. »
- Seth Hochhauser, CRO, Autofleet

Comment les flottes doivent-elles envisager la capacité maximale?

M. Hochhauser affirme que, pour bien planifier la gestion d’un parc, il faut d’abord déterminer les besoins en période de pointe et le nombre de véhicules nécessaires pour y répondre.

Puisqu'il faut du temps pour acquérir des véhicules, les flottes ne peuvent pas attendre que la demande soit là pour remédier aux manques de capacité. « Vous devez commander les véhicules d'avance », précise-t-il. « Pour faire face aux périodes de pointe, certaines entreprises adoptent une approche de capacité dynamique en optant pour de la location à court terme afin de soutenir leur parc permanent. »

La disponibilité des conducteurs entre aussi en jeu, mais M. Hochhauser prévient qu’il ne s’agit pas seulement d’ajouter des véhicules et du personnel. L’objectif est d’optimiser ce qu’on a déjà entre les mains.

« Avoir une excellente optimisation des routes, une planification efficace et des outils technologiques solides, c’est la seule formule gagnante pour honorer ses livraisons en période de fort achalandage », dit-il.

Quelles sont les erreurs courantes commises par les flottes?

Continuer à s’en remettre à des practices d’affaires dépassées est une erreur fréquente. M. Hochhauser donne l'exemple de l'attribution de zones géographiques fixes aux conducteurs au motif qu'ils les connaissent bien.

« Certains fournisseurs aiment diviser les zones. Ils se disent : "Ce conducteur fait toujours la zone A, cet autre fait toujours la zone B. Ils connaissent bien ces zones parce qu'ils ont ce parcours depuis cinq ans et nous ne voulons pas tout chambouler" », explique-t-il.

Bien que cette routine soit rassurante pour les conducteurs, les territoires fermés privent le parc d'une gestion optimale de ses ressources. « Imposer des contraintes artificielles durant des périodes d'affluence, c'est se compliquer la tâche inutilement », affirme M. Hochhauser.

L'objectif, selon lui, devrait être de distinguer les contraintes véritablement requises par les opérations de celles qui existent surtout parce que la flotte a toujours fonctionné ainsi.

Qu'est-ce qui devrait déterminer les itinéraires?

Il ne faut pas pour autant ignorer les contraintes réelles. Un parc a des exigences contractuelles à honorer, des fenêtres de livraison à respecter, ainsi que des limites techniques et de personnel.

« Vous avez un certain nombre de conducteurs, un certain nombre de véhicules et vous avez les exigences réelles du parc », résume-t-il.

Ces critères incluent la destination des colis, les fenêtres de livraison, le poids des marchandises et d'autres variables. Il suffit d'intégrer l'ensemble de ces besoins opérationnels dans le système de planification et d'optimisation des itinéraires, puis de laisser ce dernier déterminer la meilleure solution possible.

Pourquoi la planification quotidienne des itinéraires ne suffit-elle pas?

L'optimisation des itinéraires ne consiste pas simplement à tracer les parcours les plus courts chaque matin. Lorsqu'on combine plusieurs conducteurs, véhicules, points de livraison, plages horaires et restrictions de véhicules, le nombre de combinaisons possibles devient rapidement énorme.

Même le meilleur plan peut devenir obsolète quelques minutes après que les conducteurs ont quitté le dépôt. Un conducteur peut être absent pour maladie ou devoir quitter son quart de travail plus tôt pour des raisons personnelles. Si l'on ajoute le trafic, les accidents et d'autres perturbations opérationnelles, les horaires les mieux planifiés peuvent s'effondrer.

Les parcs doivent donc pouvoir réajuster les routes en cours de journée, plutôt que de s'en remettre aveuglément au plan du matin. Et si aucun être humain ne peut jongler seul avec autant d'imprévus, un bon système d'optimisation peut ajuster le tir en temps réel.

De quelles données le système d'optimisation des itinéraires a-t-il besoin?

M. Hochhauser divise l'information requise en plusieurs catégories. La première concerne la demande : que faut-il livrer? Où cela doit-il aller? Quand cela doit-il arriver?

La deuxième catégorie concerne l'offre, qui regroupe la flotte et la main-d'œuvre. L'information sur les véhicules va bien au-delà du simple décompte des camions : l’outil de planification doit connaître la disponibilité réelle de chaque unité et son volume utile.

« Vous pourriez avoir cinq véhicules différents. Tous les véhicules ne contiennent pas la même quantité ni le même type de marchandise », explique-t-il. Les horaires des conducteurs et leurs qualifications ont également leur importance.

Le troisième volet touche l’infrastructure. On parle ici de l'état du réseau routier et, de plus en plus, des données propres aux véhicules électriques, comme l’autonomie, la capacité de la batterie et les temps de recharge. La météo vient ajouter une variable de plus, puisqu’elle agit directement sur la circulation et les conditions de route.

Quelle est la place de l'entretien?

La disponibilité opérationnelle des véhicules détermine directement votre rendement. Si un parc mise sur 100 unités disponibles, mais que cinq se trouvent à l'atelier ou en entretien durant la période de pointe, la capacité théorique ne tient plus la route.

« Une gestion rigoureuse du parc et un entretien préventif adéquat sont essentiels pour garantir la disponibilité de vos véhicules », rappelle M. Hochhauser.

Les données issues de la télématique permettent d’aller au-delà des calendriers d’entretien fixes en détectant les codes d’anomalie et les pépins mécaniques avant qu’ils ne s’aggravent.

Ces informations s'intègrent directement à la gestion prévisionnelle de la flotte. Si un véhicule devient indisponible, le système détecte immédiatement le déficit qui en découle et aide le gestionnaire à trouver un véhicule de remplacement.

Quel rôle joue l'intelligence artificielle?

L'IA n'est pas tout à fait nouvelle dans l'optimisation des itinéraires. L'apprentissage automatique et la science des données sont utilisés depuis longtemps pour résoudre des problèmes complexes d'itinéraires.

M. Hochhauser voit un rôle croissant pour l'IA lorsqu'il s'agit de rendre les données opérationnelles plus faciles à utiliser pour les gestionnaires de parc.

Plutôt que de fouiller dans une montagne de rapports et de tableaux de bord, les gestionnaires peuvent simplement interroger un assistant IA pour accéder aux données opérationnelles.

« Vous êtes en mesure de lui demander directement : "Lesquels de mes envois ont du retard? Combien de véhicules ai-je disponibles pour demain?" », illustre-t-il.

Que devraient faire les gestionnaires de parc dès maintenant?

Pour une flotte qui anticipe une hausse importante du volume de colis au cours des trois prochains mois, M. Hochhauser recommande de commencer par les bases : comprendre la capacité existante, optimiser les ressources déjà disponibles et obtenir de la capacité supplémentaire si nécessaire.

Un parc ne doit pas supposer d'emblée qu'une augmentation de la demande signifie automatiquement plus de camions. « Vous avez peut-être 500 véhicules que vous croyez capables de livrer 20 colis par jour, mais ils pourraient plutôt en livrer 30 », indique-t-il.

Ce gain de capacité s’obtient souvent en maximisant l’utilisation des ressources existantes, plutôt qu’en faisant l’acquisition d’actifs supplémentaires.

Une fois la capacité existante optimisée, les flottes peuvent envisager d'ajouter des véhicules. Si vous pensez avoir besoin de camions supplémentaires, M. Hochhauser conseille de négocier des baux à court terme le plus tôt possible. « Assurez-vous de réserver cette capacité avant que tout ne soit loué », conclut-il.

En somme, les gestionnaires de flotte doivent retenir que la préparation à la période de pointe va bien au-delà de l'acquisition de nouveaux véhicules. Tout repose sur une évaluation précise de la capacité du parc existant, le maintien de la disponibilité des camions et l'exploitation intelligente des routes, des horaires et des données en temps réel pour rentabiliser chaque véhicule en service.

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