Un Québécois classé meilleur technicien chez Ryder
Jean-Sébastien Houle est le premier Canadien francophone à avoir remporté la compétition nord-américaine du géant Ryder System. Nous en avons profité pour le rencontrer.
Ryder System est une entreprise nord-américaine majeure en logistique intégrée, spécialisée dans la gestion de flotte, le transport dédié et les solutions de chaîne d’approvisionnement. Elle génère un chiffre d’affaires annuel de 13 milliards, compte plus de 50 000 employés et quelque 40 000 clients à travers les États-Unis, le Canada et le Mexique.
Lorsqu’une grande entreprise de ce genre organise une compétition annuelle, on se doute que beaucoup de joueurs sont sur les rangs pour s’illustrer parmi les meilleurs. Et cette année, parmi les 5 000 techniciens de camions commerciaux du groupe au Canada et aux États-Unis, c’est un Québécois de seulement 30 ans, Jean-Sébastien Houle, de la succursale Ryder de Boucherville, qui s’est imposé face à de nombreux concurrents à Toronto, puis en finale à Nashville.

Du scooter au camion
Enfant, M. Houle aimait suivre son père soudeur dans son garage à la maison. « Ce n’était pas tant de faire de la mécanique que de trouver des solutions à des choses qui ne fonctionnaient pas qui me fascinait déjà », raconte-t-il.
Après avoir modifié son premier scooter et fini son secondaire, le futur technicien s’est orienté vers une formation en mécanique de véhicules lourds routiers, « un secteur d’emploi plus stable que d’autres ». Il a pendant cette période fait ses premières armes chez le Groupe Guilbault, le Groupe Robert et le Centre du Camion Boucherville.
Mais le jeune homme avait une autre entreprise en tête, celle de Ryder. Grâce à une référence, il a pu intégrer ses rangs en tant que mécanicien T1. Puis il a grimpé les échelons en l’espace de 11 ans. Si bien qu’il occupe aujourd’hui un poste de technicien en charge, avec une équipe de huit personnes sous sa gouverne.
« J’aime évoluer chez Ryder pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que je peux travailler sur toutes sortes de marques (Freightliner, International, Carrier, Thermo King, etc.), puisqu’on est dans la location. Ensuite, parce qu’on nous donne accès à toutes sortes de formations. Ça m’a permis de me développer, de m’épanouir et d’arriver à gagner cette compétition », explique notre interlocuteur.
Un concours de haut niveau
Il y a des concours qui se traduisent par une distribution tous azimuts de prix. La compétition nord-américaine de Ryder System, elle, est des plus exigeantes. Elle comporte quatre étapes : une présélection parmi les employés éligibles, un examen théorique de 100 questions sur deux heures, une compétition régionale à Toronto, et enfin une finale orchestrée aux États-Unis.
« Dès le niveau régional, on n’est plus que 10 à travers le Canada, explique M. Houle, qui est déjà arrivé à ce niveau en 2025. Puis en finale, on concourt contre les 9 meilleurs en Amérique du Nord. C’est impressionnant. »
Comment cela se passe-t-il concrètement ? Lors de la compétition régionale, les techniciens ont 9 problèmes à résoudre sur des camions en séquences de 30 minutes. Et en finale, c’est le même principe, mais sur 10 stations (et constructeurs) différentes. Il faut donc maîtriser la mécanique de beaucoup de modèles pour atteindre ce niveau.
« On peut par exemple nous demander de régler un problème de monte-charge, en nous remettant une fiche de plainte d’un client. On doit alors identifier le problème, rechercher et vérifier les pièces et les composantes nécessaires à la réparation, et poser le diagnostic. C’est très méthodologique, exactement ce que j’aime faire ! », indique le technicien.
Ce dernier voulait un jour gagner cette compétition, bien sûr. Et il visait le podium cette année. Mais se serait-il attendu à devenir champion à Nashville ? « On ne le sait jamais en avance, avoue-t-il. Mais je me suis beaucoup exercé sur les éléments qui pêchaient en 2025, et j’ai eu le soutien de beaucoup de supporters. Mes patrons m’ont même libéré du temps pour que je m’entraîne. Cet investissement personnel a été payant. »
Carrière en vue
Gagner la compétition Ryder System, ça peut changer une vie, ou du moins donner une bonne tape dans le dos à une personne ambitieuse. M. Houle ne le nie pas. Il sait que certains gagnants de ce concours sont devenus des formateurs ou sont montés en grade.
« J’adore ce que je fais, travailler dans le garage et trouver des solutions aux problèmes. Mais je suis ouvert aux opportunités et j’aime apprendre », confie celui qui a commencé des cours universitaires en gestion. Nous sommes impatients de savoir jusqu’où ses aspirations le mèneront.


