L’IA peut-elle gérer votre parc automobile ?
Malgré l’enthousiasme grandissant pour l’intelligence artificielle, les décisions les plus importantes en matière de gestion de parc continuent de reposer sur l’expérience, le contexte et l’esprit critique.
J’ai discuté récemment avec un collaborateur sur LinkedIn qui est un influenceur dans le domaine de la gestion de parc. Le sujet portait sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour prendre des décisions de gestion. Dans une publication, ce collaborateur affirmait que l’IA devenait indispensable pour gérer un parc.
Mon point de vue est simple : l’IA ne remplace pas les connaissances acquises par les études et l’expérience. Si elle est utile pour monter des présentations ou ébaucher des textes, les choix opérationnels en gestion de parc exigent toujours de l'expérience et un jugement éclairé.

« L’IA ne remplace pas les connaissances. »
Demandez à ChatGPT
Par exemple, j'ai demandé à ChatGPT comment réduire l'empreinte carbone d'un parc de camions de tous calibres. Voici un aperçu de sa réponse :
Voici les principaux leviers utilisés par les entreprises aujourd'hui : Camions électriques à batterie : la meilleure option pour de nombreux parcours urbains de véhicules légers et certains véhicules moyens, avec un kilométrage quotidien prévisible et une recharge au dépôt.
Véhicules hybrides : utiles pour les opérations de livraison avec arrêts fréquents, là où l’électrification complète n’est pas encore pratique.
Diesel renouvelable (HVO) : peut souvent réduire considérablement les émissions sur l’ensemble du cycle de vie tout en utilisant les moteurs diesel et les infrastructures de ravitaillement existantes.
Gaz naturel / RNG : parfois efficace pour le transport lourd régional, en particulier là où le gaz naturel renouvelable est disponible.
Camions à pile à combustible à hydrogène : option émergente pour les applications de transport lourd longue distance, bien que les infrastructures soient encore limitées.
Je reconnais que ce sont toutes des solutions possibles, mais je sais qu'il existe des contraintes d'approvisionnement pour les avoir étudiées pendant de nombreuses années. La disponibilité des carburants renouvelables peut être excellente dans certaines régions du pays et inexistante dans d'autres.
Les camions à pile à combustible à hydrogène ne sont toujours pas disponibles, et ce, après vingt ans de discussions sur la manière dont ils allaient résoudre le problème des émissions de carbone dans le transport lourd longue distance. L’hydrogène pour les autobus reste également douteux, après de multiples échecs dans les réseaux de transport en commun municipaux.
S’approvisionner en hydrogène demeure impossible, à moins qu’un gestionnaire de flotte ne soit prêt à le produire lui-même. Cela exige un investissement colossal dans les infrastructures et les connaissances techniques.
Sans oublier les coûts élevés, un frein pour bien des gestionnaires malgré les subventions publiques. Convertir un camion au gaz naturel est peut-être vert sur papier, mais la facture de modification du moteur et de maintenance vient presque toujours gâcher la rentabilité du projet.
L’expérience compte toujours
Je crois que les opérations de gestion de parc exigent toujours un véritable savoir-faire. De la même manière qu’un médecin peut interpréter les résultats d’une analyse de sang en comprenant la signification des chiffres, les professionnels de la gestion de parc chevronnés peuvent analyser les informations dans leur contexte et prendre des décisions éclairées.
L’IA peut aider les gens à démarrer, surtout s’ils n’ont pas ce bagage de connaissances. Toutefois, lorsqu’une décision exige un esprit critique, un jugement pratique et une expérience opérationnelle, l’IA ne constitue pas un substitut fiable.


