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Bâtir un parc automobile prêt à affronter les intempéries

Une approche proactive axée sur l'entretien, le choix des véhicules, la formation des conducteurs et l'évaluation des risques peut aider les parcs à demeurer opérationnels en cas de météo extrême.

La météo a toujours été un facteur clé pour les parcs automobiles canadiens, mais elle pose aujourd'hui un risque commercial qu'on ne peut plus réduire à un simple inconvénient saisonnier. Feux de forêt, chaleurs extrêmes, inondations, verglas ou hivers rigoureux : des événements autrefois rares surviennent désormais plus souvent, causent plus de perturbations et s'avèrent parfois bien plus difficiles à prévoir.

Pour les gestionnaires de parc, les répercussions vont bien au-delà d'une simple immobilisation temporaire. Les intempéries violentes ferment des routes, perturbent les approvisionnements, abîment les équipements, restreignent l'accès à l'énergie et mettent les conducteurs en danger. Même sans panne majeure, la météo extrême accélère l'usure des composants et des pneus, entraînant une hausse des besoins de maintenance et une baisse de productivité.

Une diversité de risques météorologiques

L'immensité géographique du Canada ajoute une couche de complexité. Un parc exploitant ses activités dans plusieurs provinces peut être confronté simultanément à des risques météorologiques de natures radicalement différentes, ce qui rend la mise en place d'une préparation uniforme de plus en plus complexe.

Un feu de forêt perturbant les corridors de transport dans l'Ouest canadien représente, par exemple, un obstacle bien différent d'une inondation en Ontario ou d'une tempête de verglas au Québec. Les entreprises qui exploitent un parc dans plusieurs régions doivent anticiper les aléas météorologiques propres à chaque secteur, mais surtout mesurer leurs répercussions concrètes sur leurs véhicules, leurs trajets, leurs installations, leur personnel et leur clientèle.

« Sans évaluations régulières des risques, les flottes se retrouvent souvent à réagir aux événements plutôt qu'à s'y préparer. »
- Dylan Isbecque, consultant chez Holman

Préparation et anticipation

Les conditions météorologiques extrêmes redéfinissent la résilience des parcs automobiles. Historiquement, l'accent était principalement mis sur la réaction aux perturbations causées par le climat après leur apparition. Or, ces événements extrêmes étant devenus le quotidien du transport, la préparation doit s'amorcer bien avant que la météo ne lance ses premiers avertissements.

Cela implique d'évaluer les risques saisonniers, de revoir les pratiques d'entretien, de préparer les conducteurs, d'examiner les spécifications des véhicules et des pneus, et d'élaborer des plans d'urgence capables de préserver les services prioritaires.

Sur le plan financier, la préparation fait tout autant son chemin. Prévenir coûte bien moins cher que de subir des pannes prolongées, des réparations d'urgence, des pertes de productivité ou une interruption de service. Pour les parcs qui fonctionnent avec des marges restreintes, préserver la disponibilité des véhicules compte tout autant que de réduire les coûts d'acquisition et de maintenance.

S'adapter au changement

Alors, comment les parcs canadiens doivent-ils s'adapter à cet environnement météorologique en mutation ? Dylan Isbecque, consultant chez Holman, fait le point sur ces risques grandissants et propose des pistes concrètes pour rendre les véhicules, la maintenance, l'approvisionnement et les chauffeurs plus résilients.

Fleet&Mobility : Quels événements météorologiques représentent actuellement le plus grand risque opérationnel : les vagues de chaleur, les feux de forêt, les inondations, les tempêtes de verglas, les blizzards, les tempêtes de vent ou autre chose ?

Dylan Isbecque : Pour les exploitants de parcs canadiens, les feux de forêt constituent aujourd'hui le principal casse-tête opérationnel. Ils peuvent paralyser les réseaux de transport, priver les flottes de leurs équipements, mettre la sécurité des chauffeurs en péril et menacer la continuité des affaires sur de vastes régions géographiques.

Contrairement à de nombreux événements météorologiques qui touchent une zone précise pendant une durée limitée, les feux de forêt peuvent paralyser de grands territoires sur une longue période.

En parallèle, les vagues de chaleur constituent un risque à long terme du même ordre, entraînant une hausse des coûts d'entretien, des défaillances de composants et des enjeux de productivité pour le personnel.

F&M : De quelle manière les intempéries affectent-elles les opérations quotidiennes d'un parc automobile ? Quels sont les impacts financiers de ces perturbations ?

M. Isbecque : Les conditions météorologiques extrêmes freinent les opérations de multiples façons. Elles réduisent la disponibilité des véhicules, bloquent le réseau routier, augmentent les besoins d'entretien, fragilisent les chaînes d'approvisionnement et compromettent la sécurité des conducteurs.

Sur le plan financier, ces interruptions entraînent une hausse des coûts d'exploitation et de réparation, une baisse de productivité, une exposition accrue aux risques et la nécessité d'investir davantage dans la résilience opérationnelle.

Face à la fréquence accrue des intempéries, les gestionnaires de parc délaissent la gestion de crise au profit de stratégies proactives visant à maximiser la disponibilité des véhicules, garantir le maintien des services et limiter l'impact sur le coût total de possession tout au long du cycle de vie de la flotte.

F&M : Que devrait contenir un plan de préparation aux intempéries ? Les évaluations saisonnières des risques sont-elles devenues incontournables ?

M. Isbecque : Un bon plan de préparation aux intempéries doit regrouper plusieurs volets : l'évaluation des risques saisonniers, la continuité des affaires, la mise en état des véhicules, les consignes de sécurité pour les chauffeurs, les protocoles d'urgence et le suivi en temps réel.

Puisque les événements météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents et imprévisibles, l'évaluation saisonnière des risques devient incontournable pour assurer la résilience d'un parc automobile. Elle aide les organisations à identifier leurs vulnérabilités en amont et à préserver leurs activités. Faute d'évaluations régulières, les entreprises restent en mode réactif plutôt qu'en mode préventif.

F&M : Les calendriers d'entretien préventif doivent-ils être ajustés en raison de la rigueur croissante du climat ?

M. Isbecque : Les programmes d'entretien préventif doivent de plus en plus tenir compte du facteur climatique et des conditions d'utilisation.

Face à la fréquence des vagues de chaleur, des feux de forêt, des inondations et des hivers rigoureux, les parcs ont tout intérêt à aller au-delà des calendriers traditionnels basés sur le temps ou le kilométrage, en ajoutant des inspections ciblées sur les pièces les plus vulnérables au climat.

Cette approche permet de réduire les temps d'arrêt imprévus, d'améliorer la fiabilité des véhicules et de renforcer la résilience globale du parc.

F&M : Les tendances climatiques extrêmes devraient-elles influencer les décisions d'achat de véhicules ? Si oui, de quelle façon ?

M. Isbecque : L'évolution vers une météo plus extrême doit absolument orienter les décisions d'approvisionnement en véhicules. À mesure que le milieu d'utilisation devient plus exigeant, les entreprises doivent analyser les spécifications techniques des véhicules, les configurations de groupe motopropulseur, les technologies de sécurité et leurs besoins en infrastructures, le tout sous l'angle de la résilience opérationnelle.

Face aux risques météorologiques grandissants, les parcs devraient intégrer la résistance au climat parmi les critères d'achat traditionnels tels que le coût d'acquisition, le taux d'utilisation et le rendement financier sur le cycle de vie.

Choisir des véhicules mieux armés pour affronter le climat local aide à réduire le temps d'immobilisation, à rehausser la sécurité et à préserver le service lors de perturbations météorologiques.

F&M : Faut-il revoir la sélection des pneus afin de mieux composer avec une plus grande variété de conditions météorologiques ?

M. Isbecque : Les gestionnaires de parc doivent réévaluer périodiquement leurs choix de pneumatiques au rythme où le climat évolue. Bien qu'un pneu polyvalent puisse continuer de répondre aux besoins de plusieurs applications, l'exposition accrue à la chaleur extrême, aux fortes précipitations et aux hivers rigoureux peut justifier l'adoption de stratégies de pneumatiques ciblées par région. Cela permet d'optimiser la sécurité, la traction, la durabilité et la résilience globale du parc.

F&M : Comment les entreprises peuvent-elles préparer leurs conducteurs à faire face à une météo de plus en plus imprévisible ?

M. Isbecque : Les parcs peuvent préparer leurs conducteurs en enrichissant la formation axée sur la conduite hivernale et sous conditions extrêmes, en leur transmettant des données météo en temps réel, en instaurant des protocoles de sécurité clairs et en tirant parti de la technologie pour accroître leur perception des risques sur la route.

Considérant la fréquence des événements climatiques intenses, les organisations qui fournissent à leurs chauffeurs les outils, la formation et l'autorité nécessaires pour réagir efficacement seront nettement mieux positionnées pour protéger leurs employés tout en maintenant des opérations sûres et fiables.

Véhicules légers

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