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Camions électriques après un an d'essai à Montréal

Le Groupe PIT a été mandaté par Transports Canada pour mener un banc d'essai technologique comparant des camions lourds électriques à ceux au diésel de classe 8, sur une période de 12 mois dans la région de Montréal.

La version française de ce rapport, intitulée "Suivi et essais de camions lourds électriques à batterie", vient d'être rendue publique sur le site du Groupe : https://library.fpinnovations.ca/list?q=&p=1&ps=20&sort=title_sort%20asc&researcharea_facet=PIT

Cinq camions électriques ont parcouru 200 000 kilomètres sur les routes de la région de Montréal lors d'opérations commerciales, couvrant ainsi une période de quatre saisons. Cette étude comparative a utilisé des modèles de camions électriques à batterie, notamment le Freightliner eCascadia P4 et le Volvo VNR Electric, en parallèle avec leurs équivalents à motorisation diésel.

Les données montrent une réduction de la consommation d'énergie de plus de 60 % et des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80 % pour les camions électriques par rapport aux camions diesel équivalents. Ils ont présenté de bonnes performances sous charge et ont été préférés par les conducteurs à plusieurs égards. Toutefois, une formation supplémentaire pour les conducteurs et les répartiteurs pourrait accroître encore l'efficacité, notamment en sensibilisant les conducteurs à l'autonomie des véhicules et aux stratégies d'optimisation du kilométrage.

Maxime Tanguay-Laflèche, chercheur sénior au Groupe PIT et cosignataire de cette étude, souligne que les chauffeurs, surtout en hiver, préféraient souvent désactiver le système de freinage à régénération, pensant avoir un meilleur contrôle. « Ce n'est pas facile de changer les habitudes, constate le chercheur, mais lorsque le système était activé, le camion gagnait environ 15 % d'autonomie supplémentaire. »

Au cours des tests, les camions électriques ont parcouru entre 150 et 200 km par jour, soit environ la moitié de leur autonomie annoncée. Cela est dû à l'anxiété liée à l'autonomie, au manque d'infrastructures publiques de recharge, à l'incertitude quant aux distances à parcourir, à la variabilité des charges et du terrain, ainsi qu'aux variations saisonnières de la consommation d'énergie.

Le rapport indique également que les camions électriques ont connu davantage de temps d'arrêt que leurs équivalents diésel. Lorsqu'ils étaient hors service pour entretien, réparation ou maintenance, la planification et l'exécution des travaux prenaient plus de temps que pour les camions au diésel.

« Nous considérons que ces temps d'arrêt plus fréquents s'expliquent par l'utilisation en conditions réelles d'une technologie relativement nouvelle, reprend M. Tanguay-Laflèche. Les constructeurs peaufinent constamment leur offre, et ces ajustements nous semblent normaux. » De plus, les équipes techniques chargées de l'entretien et de la réparation des véhicules électriques lourds sont encore en phase d'apprentissage, ce qui pourrait expliquer des délais plus longs et des arrêts plus fréquents.

L'étude souligne également que, compte tenu des incitatifs gouvernementaux offerts pour le déploiement, un camion électrique à batterie doit généralement parcourir 74 000 km par an pour atteindre la parité des coûts avec un camion diésel sur un cycle de vie de six ans, toutes choses étant égales par ailleurs. Sans ces incitatifs, ce seuil s'élève à 182 000 km par an.

Du côté des chauffeurs, l'expérience s'est révélée plutôt positive. Une fois convaincus d'avoir suffisamment d'autonomie pour accomplir leurs tâches, les opérateurs n'ont pas hésité à prendre le volant des poids lourds électriques. « L'expérience de conduite avec les camions électriques a été positive en termes de maniabilité et de confort dans la cabine, grâce à la réduction des niveaux de bruit et de vibrations par rapport aux camions au diésel », précise l'étude.

Selon Maxime Tanguay-Laflèche, la solution électrique s'avère très intéressante pour les gestionnaires de parc de transport. « Ils doivent toutefois trouver des solutions innovantes en matière de recharge. Les bornes représentent une charge financière importante, et une forme de partage pourrait réduire le poids de l'investissement. »

L'expert recommande également de désigner une personne chargée d'analyser les avantages de transiter vers l'électrique. « Il est encore plus important que cette personne prenne ensuite en charge l'implantation, incluant la communication et la formation du personnel. »

Rappelons que vous pouvez consulter gratuitement l'étude dans son intégralité en suivant ce lien : https://library.fpinnovations.ca/list?q=&p=1&ps=20&sort=title_sort%20asc&researcharea_facet=PIT

Pour sauter dans la vague
La firme recherche des contacts auprès de flottes de transport lourd qui envisagent l'électrification. Le Groupe PIT a reçu un financement de Transports Canada pour amorcer une discussion avec ces flottes, leur faire part des résultats du rapport du banc d'essai et les accompagner dans leur transition électrique en partageant des apprentissages tirés des flottes utilisant actuellement des camions électriques.

Vous pouvez contacter directement Maxime Tanguay-Laflèche à cette adresse : Maxime.Tanguay-Lafleche@fpinnovations.ca

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