Le nouveau VNR de Volvo est un tracteur régional des plus agiles
Pas toujours facile d’épater la galerie en présentant une deuxième mouture d’un nouveau camion lourd comme le VNR, la version transport régionale du camion autoroutier VNL de Volvo.
Mais c’est pourtant le tour de force qu’a accompli l’équipe marketing de Camions Volvo Amérique du Nord.
Le nouveau VNR de Volvo a été dévoilé l’an dernier, mais la production débutait tout juste lorsque le fabricant suédois a invité Flottes&Mobilité à en faire l’essai sur la piste du Centre Client de Camions Volvo Amérique du Nord à Dublin en Virginie. En prévision du lancement de sa nouvelle gamme de camions lourds, Volvo a investi plus de 400 millions de dollars américains dans son usine d'assemblage de New River Valley, la plus grande usine de fabrication de camions Volvo au monde. Cet investissement a notamment permis la création d’une chaîne d’assemblage de cabine entièrement robotisée.

Le nouveau VNR reprend essentiellement les changements apportés à la gamme de camions autoroutiers VNL lancée l’an dernier : un camion entièrement redessiné, comportant environ 90 % de composants entièrement nouveaux. Clairement plus moderne, doté de technologies derniers cris et offrant un confort rehaussé, le VNR se démarque du camion régional typique, souvent dépourvu de commodités et offrant une gamme très limitée d’options de finitions et d’intérieurs.
Le nouveau VNR propose quatre différentes dimensions de cabine, du tracteur de ville sans couchette VNR 300 au VNR 660 muni d’un compartiment-couchette de 62 pouces. Deux ensembles de garnitures sont offerts, soit Core et Edge.

Sécurité et économie
Les camions de transport urbain et régional étant les plus exposés aux obstacles et risques routiers dus à la circulation, à la présence de piétons et aux espaces exigus, Volvo offre en option sur le VNR un ensemble de technologies de sécurité et d’assistance à la conduite. C’est le cas notamment de son système de direction assistée VDS, où le boitier de direction est appuyé par un moteur électronique.
Côté performance énergétique, le nouveau VNR offre une réduction de la consommation de carburant pouvant aller jusqu’à 7,5 %, un chiffre impressionnant pour un poids lourd urbain. Environ 3,5 % de cette réduction est due à la cabine entièrement redessinée, avec un capot plus plongeant qu’auparavant. L’autre 3 % est attribuable aux améliorations du groupe motopropulseur signé Volvo : nouveaux pistons et injecteurs, turbocompresseur plus petit, pompe à huile à vitesse variable et une transmission automatisée qui effectue les changements de rapports 30 % plus rapidement. Dans le contexte économique actuel, une telle réduction de consommation peut représenter des milliers de dollars annuellement.
Essai sur piste : l’effet WOW !
Comme nous le disions d’entrée de jeu, pas facile de surprendre les journalistes spécialisés avec la présentation d’un nouveau camion à vocation régionale. Mais l’équipe de Volvo a réussi là où bien d’autres échouent, en leur permettant de prendre le volant du nouveau VNR sur sa piste d’essai à quelques pas de l’usine.

La première portion des essais s’est effectuée sur la piste principale, une route vallonnée avec des pentes et des courbes simulant les belles routes de campagne de Virginie. Cet essai avec différentes configurations et des masses totales allant jusqu’à 82 000 livres a permis de constater que le VNR, permettez-nous le jeu de mots, livre la marchandise. Confortable, silencieux et doté d’une direction précise, le VNR est tout aussi agréable à conduire que son grand frère, le VNL.
Ce trajet a permis de constater à quel point la direction assistée électroniquement, le système VDS, réduit la tension dans les bras et les épaules, une des principales causes de maladies professionnelles des conducteurs de camions lourds. Le régulateur de vitesse doté d’une fonction pour réduire la vitesse en pente abrupte est aussi une caractéristique intéressante.
Mais c’est sur la piste « urbaine » que le VNR a frappé un grand coup. L’équipe de Volvo avait aménagé au centre de la grande piste un circuit de cônes reprenant des virages serrés de type urbain et un couloir de recul pour quai de chargement. En regardant les couloirs étroits et les courbes serrées dessinés par les cônes orange, tous les journalistes ont eu la même réaction : aucune chance d’effectuer ce parcours sans tuer quelques cônes !

Et pourtant ! C’est là où le nez court et le capot plongeant du nouveau VNR viennent faire toute la différence. Petit calcul non scientifique : dans la position de conduite habituelle, nous pouvions voir le sol à dix pieds devant le pare-chocs.
Volvo a donc permis aux journalistes de rouler sur ce circuit et d’effectuer des virages en tête d’épingle avec une agilité incroyable, encore rehaussée lorsque le système de direction assisté VDS était enclenché. L’auteur de ces lignes a non seulement réussi à effectuer le parcours sans envoyer un seul cône à la morgue, mais en plus, il fait partie de l’élite des trois journalistes ayant réussi à reculer le camion-remorque au quai d’un seul coup !
Optimisme prudent
En marge de ces essais, le vice-président Stratégie, Marketing et gestion de marque de Camions Volvo Amérique du Nord, Magnus Koeck, a livré sa lecture de la conjoncture actuelle. Bien que les ventes de camions soient fortement affectées par le contexte économique actuel, il estime qu’inévitablement, les ventes devraient reprendre de plus belle au cours des prochains mois. Principale raison : l’âge moyen de la flotte de camions en Amérique du Nord est à son plus haut depuis plus d’une décennie, à 6,5 ans.
« Je suis plus optimiste maintenant que je ne l’étais il y a à peine deux mois. Il y a des signes positifs, il se passe quelque chose, même si ça ne se reflète pas encore dans les ventes. »

Les parts de marché de Volvo dans les camions de classe 8 au Canada et aux États-Unis oscillent autour de 11 % (un chiffre d’ailleurs plus élevé au Canada). Mais M. Koeck souligne fort à propos que ce calcul tient compte de l’ensemble des camions de cette classe, qui inclut notamment les poids lourds vocationnels de construction ou de collecte de déchets, un segment où Volvo est très peu présent.
Selon lui, dans le segment de transport routier de marchandises, que ce soit autoroutier ou régional, les parts de marché de Volvo atteignent un chiffre respectable d’environ 17 %. Et au sein de la marque, le tracteur autoroutier VNL lancé l’an dernier compte pour environ 75 % des ventes de Volvo, contre environ 25 % pour le tout nouveau VNR.
Reste maintenant à voir si, lorsque le marché reprendra, ces nouveaux camions plus modernes, moins énergivores et définitivement plus technologiques sauront convaincre les acheteurs nord-américains.


