Gestion de flotte Holman : De l'exposition aux risques à la résilience
La télématique, les prévisions économiques et l'analyse comparative en conditions réelles étaient à l'honneur alors que Holman présentait sa série de forums sur les parcs automobiles à Toronto.
Après un premier arrêt réussi à Montréal, Holman a poursuivi sa tournée canadienne 2026 en s'arrêtant à Toronto le 5 mai. Ce forum, qui se déroulait au Angus Glen Golf Club, a attiré une foule impressionnante : gestionnaires de parcs, constructeurs d'origine (OEM), représentants des médias et membres de la direction de Holman ayant fait le voyage pour l'occasion depuis le siège mondial de l'entreprise aux États-Unis.
« Nous organisons ces forums annuels partout au pays pour vous informer, vous conseiller et partager nos plus récentes données et stratégies afin d’optimiser la gestion de vos parcs », a déclaré Brent Scowen, directeur général de Holman Canada, lors de son allocution d'ouverture. « Nous sommes sincèrement reconnaissants de votre fidélité et nous vous remercions d'avoir pris le temps d'être parmi nous aujourd'hui », a-t-il ajouté, s'adressant aux nombreux clients de Holman présents dans la salle.
Engagé envers le Canada
Chris Conroy, PDG de Holman, figurait parmi les dirigeants venus du siège social américain pour l'événement. Après avoir souhaité la bienvenue à l'auditoire et remercié les clients de l'entreprise pour leur confiance, il a souligné l'ampleur et la profondeur de l'organisation Holman : une entreprise familiale en affaires depuis 102 ans, générant un chiffre d'affaires de 10 milliards de dollars et présente dans cinq pays, dont le Canada.
M. Conroy a particulièrement insisté sur l'engagement à long terme de Holman envers le marché canadien. « Notre présence au Canada est un engagement à long terme », a-t-il affirmé, en référence aux remous économiques et politiques provoqués par l'actuelle administration américaine.
Données et sécurité : maximiser l'atténuation des risques

Steven Berube, vice-président des ventes, et Brandon Behl, directeur des ventes de distribution chez Geotab, ont discuté de la manière de tirer parti de la télématique pour réduire les risques. M. Berube a noté que Geotab observe une tendance forte dans l'industrie : les gestionnaires de parcs se concentrent davantage sur la sécurité des conducteurs et la réduction des risques d'accidents.
M. Behl a expliqué que Geotab propose des solutions de caméras de bord tierces depuis plus d'une décennie. Cependant, ils ont récemment introduit une solution en partenariat avec Holman : le GO Focus Plus.
Il a souligné que 95 % de toutes les collisions sont causées par le comportement humain, c'est pourquoi il est essentiel pour les gestionnaires de savoir ce que font leurs chauffeurs lorsqu'ils sont au volant. « L'utilisation du téléphone au volant multiplie par 12 le risque de collision », a-t-il précisé, « et les condamnations exemplaires peuvent coûter des millions de dollars aux entreprises ».
La bonne nouvelle est que les responsables de parcs ont la capacité de modifier le comportement des conducteurs. En utilisant l’enregistrement vidéo en cas d’incident combiné à l'encadrement des chauffeurs, les clients de Geotab ont constaté une réduction de 35 % des accidents avec blessures.
« Les caméras peuvent réduire les réclamations, car vous disposez d'un enregistrement vidéo de ce qui s'est réellement passé », a ajouté M. Behl. « Fini les versions contradictoires entre les parties ; les images peuvent également vous aider à contester des litiges. »
Perspectives économiques : naviguer dans l'incertitude

Erik Johnson, vice-président et économiste principal à la BMO, a présenté un survol captivant de la direction que pourrait prendre l'économie canadienne, en tenant compte des tarifs douaniers, du prix du pétrole et de l'échéance imminente de l'ACEUM.
Il a souligné qu'il est peu probable que nous manquions de carburant ici au Canada en raison de la guerre au Moyen-Orient, mais que nous continuerons de voir des prix élevés pour l'essence et le diesel. « Nous avons un avantage puisque nous n'achetons pas beaucoup de pétrole du Moyen-Orient », a-t-il dit, « mais cela a une incidence sur le prix du carburant ici, car il s'agit d'une ressource mondiale. »
Cela dit, rien n'est encore gravé dans le béton. Nous vivons à une époque imprévisible, les choses peuvent changer du jour au lendemain et les prix du pétrole pourraient chuter très rapidement, a-t-il expliqué.
« La bonne nouvelle est que le marché de l'emploi tient le coup en Amérique du Nord », a-t-il ajouté. « L'embauche est faible, mais parallèlement, les mises à pied sont très peu nombreuses. Cela devrait rester stable, à moins d'un nouveau choc majeur. »
Les taux d'intérêt devraient également demeurer stables. Toutefois, si le conflit au Moyen-Orient se prolonge jusqu'en août, nous pourrions alors assister à une hausse des taux.
Transformer les données en actions

Pour les exploitants de parcs, l'une des séances les plus concrètes a été celle de Graham Peart, directeur des comptes stratégiques chez Holman, qui s'est concentré sur la manière dont les données de référence peuvent être utilisées pour orienter des décisions plus éclairées.
M. Peart a présenté plusieurs grandes tendances de performance observées dans les parcs automobiles canadiens. Les coûts de maintenance au kilomètre ont chuté de 7 % et la conformité à l’entretien préventif a progressé de 8 %, deux indicateurs que les gestionnaires font preuve d'une plus grande discipline dans leurs suivis de routine.
Cependant, d'autres indicateurs révèlent de nouveaux défis. La lecture moyenne de l'odomètre a augmenté de 2 % pour atteindre 95 360 km, tandis que le cycle de vie moyen s'est prolongé à 10,5 ans, une hausse de 4 %. Les réparations non planifiées représentent encore 70,3 % des interventions, ce qui démontre que bien des parcs subissent les bris au lieu de les prévenir.
Pour les clients de Holman, ces données comparatives vont bien au-delà d’une simple mise en contexte sectorielle : elles constituent un véritable plan de match.
M. Peart a souligné que prolonger le cycle de vie des véhicules peut réduire les dépenses en capital à court terme, mais que cela mène souvent à des coûts d'exploitation plus élevés à long terme, à une augmentation des temps d'arrêt et à une exposition accrue aux risques. De même, un taux élevé de réparations imprévues peut révéler des lacunes dans les programmes d’entretien préventif ou des retards dans le cycle de remplacement des véhicules.
En comparant les données de leur propre parc à ces balises, les organisations peuvent établir où elles se situent par rapport à la concurrence et apporter des ajustements ciblés là où elles accusent un retard. Cela peut inclure l'optimisation des cycles de remplacement, l'amélioration de la conformité à l'entretien ou l'utilisation des données télématiques pour anticiper les problèmes avant qu'ils ne s'aggravent.
Son message clé : les données n'ont de valeur que si elles dictent des décisions. Les exploitants de parcs qui intègrent l'analyse comparative à leur stratégie globale sont plus à même de stabiliser leurs coûts, de renforcer la fiabilité de leurs actifs et de minimiser les risques opérationnels.
L'innovation par l'itération

L'événement s'est conclu par une présentation de Michele Romanow, de la célèbre émission Dans l'œil du dragon (Dragon's Den), qui a parlé de son parcours d'entrepreneure. Elle a souligné que le succès ne provient pas d'un seul moment de génie, mais d’innombrables petites itérations.
Cette entrepreneure en série a lancé sa première entreprise (production et vente de caviar aux restaurants) alors qu'elle était encore aux études, et elle a expliqué à quel point il faut souvent échouer pour réussir.
« Tout le monde aime parler des bonnes choses qui arrivent, mais on ne partage jamais tous les échecs rencontrés en cours de route », a-t-elle déclaré à l'auditoire. « Tout ce qui ne fonctionne pas vous apporte les apprentissages nécessaires pour savoir ce qui fonctionnera. Il faudra encaisser beaucoup de coups avant de devenir un gagnant. C'est un processus colossal. »
Son message aux invités de Holman était clair : l'innovation passe par l'itération et par la répétition d'expériences variées. Donc, si vous voulez innover, n'ayez pas peur d'échouer d'abord. Cela fait simplement partie du processus.


